Cancers gynécologiques : une campagne décalée pour améliorer la prévention

, par  Léa Vandeputte

L’association Imagyn a lancé le 8 mai une campagne intitulée « Stars, sexe et gynéco » pour informer les femmes sur les cancers gynécologiques et les sensibiliser à l’importance du suivi médical.

A l’occasion de la Journée mondiale du cancer de l’ovaire, le mardi 8 mai, l’association Initiative des malades atteintes de cancers gynécologiques (Imagyn) a présenté sa nouvelle campagne d’information et de prévention des cancers féminins dont le nom est « Stars, sexe et gynéco ». Drôle et percutante, celle-ci s’appuie sur deux spots diffusés à la télévision, dans les cinémas et sur Internet. Dans ces vidéos au ton décalé, trente-sept femmes célèbres (actrices, chanteuses, humoristes…) défilent à l’écran pour dévoiler le petit nom qu’elles donnent à leur sexe. Leur but est de promouvoir un message simple : « Une consultation gynécologique une fois par an aide à prévenir des risques de cancers gynécologiques. »

15 000 femmes touchées chaque année

Les cancers qui affectent la population féminine sont nombreux et ne se limitent pas au cancer du sein. « Les cancers gynécologiques touchent chaque année plus de 15 000 femmes en France », rappelle l’association Imagyn. En 2016, l’Institut national du cancer (Inca) a comptabilisé en France, 8 000 cancers de l’utérus (endomètre), 4 500 des ovaires, 2 800 du col de l’utérus et 1 000 du vagin et de la vulve. La majorité de ces cancers surviennent après 50 ans, chez les femmes ménopausées, mais en raison du manque de suivi, certains sont détectés trop tardivement. L’Inca indique ainsi que le taux de mortalité du cancer de l’utérus est de 27,5 %, celui des ovaires de 68,8 % et celui du col de l’utérus de 35,7 %.

L’importance du suivi

Pour améliorer la prévention, prendre rendez-vous régulièrement avec son médecin est capital. « Une consultation gynécologique (gynécologues, généralistes, sages-femmes agréées...) au début de la sexualité, puis une fois par an qu’il y ait une vie sexuelle active ou non est fortement conseillée, préconise l’association de patientes. En effet, un suivi gynécologique permet de détecter plus tôt un certain nombre de cancers qui, pris à temps, pourront être soignés et aussi augmenter les chances de préserver la fertilité ». Elle ajoute que des symptômes comme des saignements entre les règles, des ballonnements, des troubles du transit inhabituels ou des douleurs pelviennes doivent amener à consulter. Sur son site, Imagyn revient aussi sur les recommandations de l’Assurance maladie en matière de frottis : « Un premier frottis doit être effectué à l’âge de 25 ans, puis deux frottis à un an d’intervalle sont recommandés. […] Puis, toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (ou de 20 à 65 ans dans les départements d’outre-mer), sauf indication contraire du médecin, doivent effectuer un frottis tous les trois ans qui sera remboursé à 100 % ».

Des réactions sur les réseaux sociaux

L’association souhaite, à travers cette campagne, « sensibiliser les femmes sur l’écoute de leur corps et les rendre ainsi actrices de leur santé ». Si son objectif est louable, les conseils qu’elle donne ne sont en revanche pas du goût de tous, puisque les réponses sur les réseaux sociaux n’ont pas tardé. Certains internautes, dont Martin Winckler, médecin et auteur du Chœur des femmes, un roman dédié à la médecine féminine, ont dénoncé les injonctions portées par la campagne. Si le médecin a reconnu l’intérêt pour la santé des femmes à consulter régulièrement, il note que se fixer sur une périodicité d’un rendez-vous par an n’a pas de fondement scientifique.

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